Le quipu, « khipu » en langue quechua signifie nœud. 

Son utilisation dans les Andes remonte à 2600 avant J.C. et atteint son apogée durant la période Inca de 1200 à 1533 après J.C.

 Le quipu était un ingénieux système de cordes torsadées et nouées qui permettait d’enregistrer très précisément toutes sortes d’informations. 

Le quipu était composé de différents types de cordes torsadées :

  • Une corde principale ou primaire horizontale plus épaisse avec une extrémité pendante et un nœud final.
  • Des cordes pendantes bouclées à la corde principale et orientées vers le bas.
  • Des cordes supérieures bouclées à la corde principale et pointant vers le haut.
  • Des cordes secondaires ou auxiliaires attachées aux cordes pendantes ou supérieures ou à d’autres cordes secondaires.

Longtemps considéré comme un simple moyen mnémotechnique, ce n’est qu’au XXème siècle que l’on comprend que les nœuds représentent des données numériques. Le mathématicien Leslie Leland Locke démontre que les Incas utilisaient un système décimal et un système de place qui incluait le concept de zéro.

Trois types de nœuds et leur place sur une corde permettaient de représenter tous les nombres.

A la fin de ces travaux Locke conclue que ces nœuds n’étaient utilisés qu’à des fins numériques et servaient à tenir des registres.

Mais d’autres scientifiques pensent que les quipus avaient une fonction beaucoup plus large, celle d’enregistrer le langage lui-même.

A la fin de ces travaux Locke conclue que ces nœuds n’étaient utilisés qu’à des fins numériques et servaient à tenir des registres.

Mais d’autres scientifiques pensent que les quipus avaient une fonction beaucoup plus large, celle d’enregistrer le langage lui-même.

D’après Gary Urton, spécialiste des Incas, le quipu serait un système tridimensionnel remarquablement sophistiqué basé sur un code binaire, à l’image des ordinateurs. Il explique que les caractéristiques des cordes et des nœuds participent au codage. C’est ce qu’il appelle la signature codée d’un nœud.    

La récente découverte de l’anthropologue Sabine Hyland va également dans ce sens. On lui attribue le premier déchiffrement phonétique potentiel d’un élément de quipu.

En 2017, elle examine deux quipus conservés à Collata, un village isolé des Andes péruviennes. Selon les doyens de la communauté, ces quipus sacrés sont des épîtres narratives écrites par les chefs locaux pendant le soulèvement indigène local de 1783.

Ils sont très différents de ceux qu’elle connait. Ils comportent plus de 200 cordes pendantes, divisées en groupe irréguliers, séparés par des tissus noués sur le cordon principal.

Comme environ un tiers des quipus ils ne comportent aucun nœud codant des nombres. 

leur palette de couleurs est bien plus étendue. 

Au nombre de 14, elles permettent 95 configurations uniques entre les cordes, un nombre comparable à celui de l’écriture logosyllabique.

A la fin de chacun des épîtres, Sabine Hyland remarque une séquence de cordes de couleurs, de fibres animales et de sens de pliage distincts.

Il pourrait s’agir d’une signature, un « ayllu » (nom de lignage). 

Selon la tradition, le premier quipu fut créé par ALLUKA, le premier chef de la lignée principale de Collata. 

Elle suppose alors que les 3 dernières cordes signifient A, LLU et KA. Or la dernière corde est bleue et le mot local pour bleu étant ankas, le KA vient peut-être du nom de la couleur.

Elle utilise cette information pour déchiffrer le deuxième quipu. Les deux premières cordes se prononceraient A, KA, suivis d’une syllabe inconnue. La corde correspondant à cette syllabe est d’une couleur brun doré appelée paru. Si la corde signifie PAR la signature du quipu se prononcerait YACAPAR, le deuxième de la lignée principale de Collata.

Sabine Hyland en déduit que ces quipus pourraient être logosyllabiques, qu’ils transmettraient leur message par combinaison de symboles phonétiques et idéographiques.

Si ces résultats préliminaires se confirment, cela impliquerait que l’Empire Inca possédait une écriture tridimensionnelle véritablement unique.

Une écriture sans équivalent au monde qui fait appel à la fois aux sens visuel et tactile pour la compréhension.

Il s’agirait du seul cas connu où une écriture sollicite simultanément deux sens.

Références 

  • Empire Inca, l’histoire révélée, documentaire de Thibaud Marchand diffusé sur la chaine ARTE en 2023 et disponible en streaming.
  • « Quipus and quipicamyayoc, codification y administration en el antigua Peru»

Ce livre est téléchargeable gratuitement sur le site : https://www.ey.com/es_pe/insights/growth/quipus-quipicamayo

 

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