J'ai fait
dans la dentelle
Testé pour vous
Pascale Roussel, artiste de Trame de soi, s’est initiée pendant trois jours à la technique de la dentelle à l’aiguille sous la houlette de Brigitte Dépalle, artiste textile installée à Monistrol-d’Allier en Haute Loire. Elle nous raconte.
C’est dans un hameau de six habitants, auquel on accède par une petite route étroite depuis Monistrol d’Allier, que Brigitte nous reçoit dans son gîte. Là où je vais faire de la dentelle pendant trois jours, non sans peine !
Pour commencer, j’apprends que cette technique est venue d’Italie à la Renaissance. Puis la France a créé son propre style, notamment le point d’Alençon.
Ensuite place aux travaux pratiques. Les outils sont simples : du fil, une aiguille et du tissu comme support. Le projet à réaliser est une étoile à cinq branches, d’une dimension de 10 x 10 cm environ.
De la régularité avant tout
Dans un premier temps, il faut monter le dessin de l’étoile sur deux épaisseurs de toile de même dimension, pour obtenir le support provisoire qui servira à fabriquer la dentelle.
Puis on passe à la réalisation :
- D’abord la trace. Elle suit le contour du dessin. Ce n’est pas une mince affaire ! il faut tendre de manière régulière une mince mèche de fils, fixée par des points de bâti sur le support.
C’est en quelque sorte la charpente où viendra s’accrocher la dentelle. - J’exécute ensuite le « rempli» au point Alençon. Plusieurs points sont possibles.
Le principe : l’aiguille ne traverse pas les tissus mais s’accroche dans la trace pour former la dentelle.
La règle d’or ? La régularité et prendre son temps ! - Pour finir, je réalise la brode, avec quelques picots pour agrémenter le tour. Elle donne de la netteté au travail et du relief à la dentelle. C’est une sorte de rembourrage composé de quatre fils recouverts de points de feston pour les maintenir en place.
Un ouvrage de patience
Tout au long de cet atelier, Brigitte s’est montrée très pédagogue et d’une patience infinie. Quand je pense qu’autrefois les femmes réalisaient ces ouvrages avec des fils et des aiguilles beaucoup plus fins, et pendant des heures et des heures… Cela m’épate !
Mon étoile me semble bien imparfaite, mais ce n’est qu’un début ! Je ne suis pas sûre de devenir une véritable dentelière au vu de la difficulté, mais je compte essayer la dentelle à l’aiguille en grand format pour l’intégrer dans mes créations. Reste à inventer le support adéquat !
Brigitte Dépalle pratique et enseigne la dentelle à l’aiguille depuis plusieurs années. Elle anime des stages d’initiation à son domicile en Haute-Loire et expose régulièrement ses créations.
Elle a participé à la création collective d’une dentelle monumentale exposée à la Biennale d’art contemporain de Lyon, aux Grandes Locos à Oullins, en 2024 : Le cactus, de Mona Cara.